Lune


Moon

De Duncan Jones
Avec Sam Rockwell, Robin Chalk, Matt Berry, Kevin Spacey (voix)

Sam Bell est sous contrat avec l'entreprise Lunar. Celle-ci se charge de l'extraction sur la lune de l'hélium 3, un combustible révolutionnaire qualifié d'unique ressource énergétique pouvant résoudre la crise énergétique sur terre. Son engagement est prévu pour une période de trois ans. Trois longues années passées en solitaire au terme desquelles il va enfin pouvoir rentrer chez lui et voir sa femme et sa fille.



"Aller sur la lune??? Ha, ha, ha, lui qui est déjà si souvent DANS la lune" (A. Haddock, capitaine)

Découvert totalement par hasard, ce Direct-to-DVD (en tout cas chez nous) est une bonne surprise. Au niveau de la réalisation et de l'histoire, il est à classer entre un très bon épisode (donc téléfilm) de la quatrième dimension et un film de science-fiction moyen. Comprenez par-là que ce n'est pas un éclair de génie, mais une solide petite réalisation.

Il est un moment où l'expérience cinématographique que l'on acquiert, peu importe sa taille au final, nous apprend que la roue n'a eu de cesse d'être réinventée et à chaque fois présentée comme une découverte originale. Et en tant que spectateur, on ne se fait pas avoir trois fois. Vient alors le moment où l'on se trouve face à un film qui surprend, empruntant alors des voies inattendues.

C'est le cas de ce Moon. Et cela m'a agréablement surpris. Je ne sais pas si je le reverrai, mais en tout cas, ce n'est pas une possibilité que j'exclus. Je ne parlerai pas trop de l'histoire, étant donné qu'il faut vous laisser un minimum de découverte, non? Sachez simplement que c'est un «presque huis-clos» à ciel ouvert et dans l'espace (enfin, sur la lune).

Gainsbourg - (vie héroïque)


Gainsbourg - (vie héroïque)

De Joan Sfar
Avec Eric Elmosnino, Lucy Gordon, Laetitia Casta



L'histoire plus ou moins réelle de Lucien Ginsburg, qui petit à petit deviendra Serge Gainsbourg, puis Gainsbarre, et qui rencontrera tour à tour Julietter Gréco, France Gall, Brigitte Bardot, Jane Birkin et Bambou.



La vie de Serge Gainsbourg sans aucun Sfard...

Gainsbourg, on aime ou on n'aime pas. Personnellement, je ne suis pas un grand fan de ses titres. Petit, je trouvais qu'il chantait mal, que l'on ne comprenait pas ce qu'il disait... Et de plus, j'avais pour image Gainsbarre, sans vraiment connaître la période Gainsbourg. En sortant de ce film, j'ai le sentiment d'être plus ouvert et d'apprécier davantage l'artiste, lui pardonnant alors sa tenue débridée.


Ce film est extrêmement bien réalisé, loin des paillettes et des vapeurs d'encens que dégageaient La Môme (Olivier Dahan, 2007)... On nage parfois à la limite de l'onirisme avec ce «Sale gueule» qui accompagne Lucien tout au long de son existence. C'est d'ailleurs la force du film: avoir su incorporer le totem de l'artiste... comme le chat de Juliette Gréco ou le loup dont parle Boris Vian. Car ça aussi je l'ignorai... Serge Gainsbourg a fréquenté des pointures... Du coup, je comprends mieux sa verve géniale (ne cherchez pas, il n'y a pas de contrepèterie).

Le jeu d'acteur est merveilleux, que ce soit celui de Lucien, celui de Serge ou de Gainsbarre. Les femmes sont à l'honneur avec une sélection de grandes pointures... Pas une ne fait de l'ombre à l'autre, mais toutes sont resplendissantes. Ce qui est amusant et à la fois très fort d'un réalisateur comme Sfar, c'est qu'on a le sentiment que le film ne parle que de Serge Gainsbourg et de ses conquêtes. Pourtant, la vie alentour nous apparaît (que ce soit au travers des parents ou d'autres personnages).


Enfin la musique, les chansons... elles sont présentées parfois au travers de «simples» exécutions au piano... Et là, la richesse, la mélodie et la splendeur des titres comme «Je t'aime, moi non plus», «Le poinçonneur des lilas» ou encore «Comic strip» prennent toute leur dimension.

Un très beau film à voir impérativement.

Invictus


Invictus

De Clint Eastwood
Avec Morgan Freeman, Matt Damon, Bonnie Mbuli, Scott Eastwood

Après sa libération, Nelson Mandela est élu à la tête de l’Afrique du Sud. Il va miser sur l’équipe nationale de rugby pour cimenter l’identité du pays et pour réunir le peuple derrière ce symbole, une seule solution: remporter la coupe du monde de 1995.





Les mandales de Nelson Mandela

On pourra dire ce que l’on veut, énumérer les anachronismes, la mise en scène de certains événements (le passage de l'avion au-dessus du stade est authentique, mais c'était très certainement "programmé" et annoncé, car un pilote de ligne ne s'amuserait pas à faire un rase-motte à 300 mètres du sol par surprise, même avant le 11 septembre 2001) ou les incohérences au niveau du jeu en lui-même… C’est une magnifique leçon de vie que cet Invictus. Ce qui ne me tue pas me rend plus fort aurait dit Nietzsche. Voilà une belle illustration de la force tranquille de Nelson Mandela, ou Madiba de son nom de tribu.


Alors c’est certain, il ne s’agit pas d’un chef d’œuvre au sens premier du terme. Mais c’est un excellent film de Clint Eastwood, qui montre à quel point il est capable de filmer intelligemment (les plans sont clairs et tout mouvement de caméra a un sens), de choisir que montrer sans se perdre dans des divagations, et d’aller à l’essentiel. Vous n’aimez pas le rugby? Qu’importe, c’est en toile de fond. Vous n’aimez pas les films sur le racisme car vous les trouvez trop durs? Certes, le passage de l’équipe sur les restes de Robben Island pourront se montrer légèrement plus sombre que le reste du film, mais franchement, il n’y a que du positif. Attention, on ne se retrouve pas pour autant dans un film à la Disney.

Que dire des acteurs? Morgan Freeman (un comble de s'appeler Freeman - homme libre - pour jouer Nelson Mandela), Matt Damon, Bonnie Mbuli... tous sont excellents et nous livrent une interprétation qui sonne juste.


Ce que je retiens d’Invictus, c’est l’illustration d’un message de paix, à cent lieues d’un Gran Torino. A tout prendre, cela pourrait en être la continuité, tant la voie choisie par Nelson Mandela est celle que Walt Kowalski n’aura pas su totalement prendre.


Une belle musique, de belles images qui ne tombent pas entièrement dans le cliché, et une problématique dont il est difficile d’avoir une vue lorsque l’on n’a (heureusement) pas vécu dans un déchirement pareil à celui de l’Apartheid. Longue vie à Nelson Mandela, longue vie à Madiba. Et que règne le pardon – Amen.

Le Concert


Le Concert

De Radu Mihaileanu
Avec Alexei Guskov, Dimitri Nazarov, Mélanie Laurent, Valeri Barinov 

Andreï Filipov est un maître d'orchestre d'exception. Déchu pour avoir désobéi à Brejnev, il est aujourd'hui nettoyeur. Un jour, il intercepte par hasard une invitation pour le Bolchoï à Paris. Son idée: reformer un orchestre et s'y rendre à la place de la prestigieuse formation. 




On ne mélange par les torchons et les Soviets...

Ce film vous fera du bien... si, si, croyez-moi. Oh, bien sûr, il est loin d'être parfait. Entre grosses ficelles et clichés aussi fins que l'humour de Jean-Marie Bigard... Mais allez le voir ou louez-le. C'est un de ces trop rares films qui, à l'instar d'un Fauteuils d'orchestre (Danièle Thompson, 2005) nous offre à la fois un florilège de personnages, avec des émotions, le tout dans un décor crédible. Même si, je me répète, les caricatures sont ici assez grossières...

Dans les défauts qui fâchent (si je puis dire), je relève un certain bazar qui règne dès le moment où l'orchestre est à Paris. On nage en plein délire, mais bon, c'est aussi un cliché de la vie à la Russe où le système C (comme Communisme ou débrouille-toi comme tu le peux, camarade!), antérieur au système D, prévaut. J'ai une image en tête: si vous êtes déjà allés écouter un concert classique (ne vous en faites pas, ce n'est pas une maladie), vous avez peut-être déjà remarqué qu'avant que le tout commence, il règne une douce cacophonie... Eh bien, c'est pareil pour ce film.

Dans les points forts, les acteurs principaux sont excellents. François Berléand vole en électron libre, Mélanie Laurent est magnifique (très douée pour fondre en larme, et du coup pour émouvoir), Miou Miou est merveilleuse, et quant au duo Alexei Guskov et Dimitri Nazarov, ils sont très bons, avec un ton juste. Certains clins-d'oeil (le Parti Communiste français, le fameux système D, enfin C, à la Russe, la puissance de l'argent et du paraître en Russie...) sont drôles et viennent temporiser une histoire que l'on soupçonne (avec un petit piège) en toile de fond.

Peut-être pas aussi réaliste qu'un Good Bye, Lenin! (Wolfgang Becker, 2003), le film n'en est que moins lourd... l'humour rendant peut-être ainsi le sujet plus accessible. Ah, et j'oubliais presque un acteur de choix: la musique de Tchaïkovski...  En guise de conclusion, je citerai Thimotée Girardin, qui a su à mon sens, résumer le film en le liant à cette musique tellement forte:
Bref, même si les défauts abondent à un débit de centrale hydraulique, on est tout surpris de se surprendre à rire. Puis à frissonner, mais ça c'est l'effet Tchaïkovski.

Pour voir l'entier de la publication sur son blog, voir ici.

Avatar


Avatar (James Cameron's Avatar)

De James Cameron
Avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver
Jake Sully est un marine handicapé. Parce que son génome est presque identique à celui de son frère décédé, il est envoyé sur Pandora, une planète lointaine. Il va se voir confier une mission d'infiltration visant à délocaliser une population indigène, les Na'vi. Mais son apprentissage va changer sa vision des choses. 


Le grand bleu sur une planète verte

James Cameron a réinventé la roue. C'est un peu le sentiment que j'ai ici. Sauf qu'il l'a faite en mieux, en plus rond. Trêve de plaisanterie, vous trouverez mon avis sur ce film sur Stekhouse. En bref: visuellement le film est une merveille de technologie. Au niveau de l'histoire, cela pèche un brin, d'une part parce que l'histoire n'est de loin pas nouvelle, et d'autre part parce qu'il a fallu prendre des raccourcis pour faire tenir le tout dans «seulement» 2h40 de film. Une trilogie aurait-elle été préférable?

L'aspect que je souhaite développer ici touche à quelques questions que le film soulève. Premièrement, l'image de synthèse est ici à son apogée du moment (on rigolera bien de moi lorsque la génération en devenir lira ceci dans quelques années). Le lien entre anime/manga et film «live» est ici aboli. Montagnes flottantes, décors de bande-dessinée... tout y est, et ça bouge! James est un grand rêveur et là, il s'est lâché. Du côté des personnages aussi la réalisation est bluffante. Colère, chagrin, amour... tout donne lieu à des animations faciales extraordinaires.

Les avatars, ces grands êtres bleus "pilotés" par des humains, sont selon le scénario, créés à l'image de leur pilote. Dès lors, l'avatar de Sigourney Weaver lui ressemble et il est facile de la reconnaître. C'est là que je m'interroge. Verra-t-on un jour une réalisation avec des acteurs virtuels? Un Johnny Depp réel qui a coûté une fortune pour tourner Pirates des Caraïbes IV se verra-t-il remplacé par un Johnny Depp virtuel pour Pirates des Caraïbes V? Car une fois les logiciels développés, les coûts vont petit à petit baisser. Les images de synthèse d'il y a vingt ans sont aujourd'hui à la portée du moindre réalisateur de bis un tant soit tu démerde (quitte à ne pas payer ses acteurs du tout).

L'autre question qui me vient à l'esprit: quelle sera la prochaine étape? Ici, on a visiblement passé un cap. En 1993, j'étais convaincu d'avoir vu des dinosaures vivants... Aujourd'hui, j'ai l'impression d'avoir vu une nouvelle planète qui existe. Allez le voir, c'est réellement bluffant!

Troisième question: pourquoi faut-il toujours que cela pèche quelque part? L'histoire est terriblement banale en regard de l'avancée technologique. J.C. n'avait-il plus de budget pour un scénariste? J'exagère un poil, parce que ce n'est pas mauvais, mais franchement... c'est comme faire un plat très sophistiqué et raffiné avec des röstis Hero! Surtout que l'aspect manichéen de l'histoire est ici très grossier. Sans compter quelques aberrations sympathiques.

Dernière question, pour le moment, qu'apporte la 3d? Je tâcherai d'y répondre, car je compte aller voir le film en 3d. Mais a priori, je n'ai pas eu l'impression d'être limité en 2d., tant l'aspect visuel est extraordinaire... Se trouve-t-on donc face à un simple gadget purement mercantile? Seul l'avenir nous le dira.

The Mist


The Mist

De Franck Darabont
Avec Thomas Jane, Andre Braugher, Laurie Holden

Une petite ville du Maine se retrouve englobée par une brume très dense, au coeur de laquelle rôdent d'étranges créatures mortelles. Un groupe d'humains se réfugie dans un supermarché. Trois clans vont se dessiner.




Fumée tue

C'est en voyant un film comme celui-là que je me rends compte que Stephen King s'adresse vraiment à différents types de lecteurs. Adolescent, je raffolais du côté terrifiant de ses histoires. Aujourd'hui, j'apprécie son regard très critique sur l'humanité. Car c'est bien cela le fil rouge de toutes ses histoires: l'humain. Peu importe que la menace vienne d'une Cadillac, (Christine), d'un Saint-Bernard (Cujo) enragé, d'un clown-monstre (Ça) ou d'une nuée de mouches violettes (The Mist). Les personnages sont toujours au centre de l'histoire.

Et Brume, enfin The Mist (en bon français), ne fait pas exception. Dans ce supermarché, trois clans se forment: les cartésiens qui ne croient que ce qu'ils voient et pensent pouvoir tout comprendre, les mystiques qui se tournent vers une entité divine sans hésiter à tout faire en son nom et les pondérés qui eux acceptent la réalité, mais ne perdent pas le nord pour autant.

Techniquement, le film s'en sort plutôt bien, oscillant entre le très bon téléfilm et le bon film. La brume permet de masquer certaines faiblesses des images de synthèses, même si quelques scènes laissent entrevoir des effets boiteux (rien de grave, cependant). Certains passages sont franchement sanglants, avec des morceaux de chair arrachée. Mais c'est surtout vers la fin que le film gagne en puissance avec un final... mais chut, je ne dirai rien! A noter que sur ce point, le livre et le film divergent...

Chapeau melon et bottes de cuir


The Avengers

De Jeremiah S. Chechik
Avec Ralph Fiennes, Uma Thurman, Sean Connery, Patrick McNee

John Steed et le professeur Emma Peel doivent s'unir pour déjouer les plans du machiavélique Sir August Winter qui s'apprête à utiliser la météorologie comme une arme destructrice. 




Lovely weather, isn't it?

Voilà un film qui, lors de sa sortie, m'avait paru pitoyable et digne de la plus proche poubelle. Les années ont passé, et je me suis décidé à le revoir. Force m'est d'avouer qu'il est mieux passé à la seconde vision. Oh, bien sûr, le plomb ne s'est pas changé en or et on n'est toujours pas face à un chef d'œuvre. Mais de nombreuses idées m'ont paru assez plaisantes, comme tous les jeux de mots ayant trait à la météorologie (Sean Connery joue Sir August Winter et les Anglais sont très doués pour parler du temps qu'il fait. De plus, tout le monde sait que l'Angleterre est le pays de la pluie).

Alors bien entendu, Uma Thurman et Ralph Fiennes jouent des personnages très caricaturaux, mais tout en conservant un côté kitsch qui était la marque de fabrique de la série originale. D'autres moments sont assez hilarants, comme celui de la réunion des oursons en peluche. A noter le cameo de Patrick McNee qui justement joue un homme devenu accidentellement... invisible. Au final, c'est un assez bon divertissement, alors, pourquoi se priver? De plus, si comme moi vous aimez bien Uma Thurman...