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Star Wars - The Force Awakens








Réalisateur: JJ Abrams

Avec: Harrison Ford, Carrie Fisher, Adam Driver, Daisy Ridley,...








Ca parle de quoi ?
Une trentaine d’années après l’épisode VI (Return of the Jedi – qui date tout de même de 1983, soit il y a plus de 30 ans…), les choses ne s’améliorent pas dans une galaxie, très, très lointaine. Si l’Empire est en déroute, un nouvel ordre tyrannique, le First Order est né de ses cendres. Celui-ci cherche à éliminer la New Republic. Cette dernière peut compter sur l’aide de la Résistance, placée sous le commandement de la princesse Leia.

Et ça vaut quoi ?
Si la vengeance est un plat qui se mange froid, Hollywood aime nous servir des plats réchauffés et des soupes tièdes. Vous connaissez déjà la trilogie d’origine et vous rappelez du premier épisode (le IV, intitulé A New Hope)? C’est la même histoire, à quelques détails près. On y retrouve beaucoup de scènes qui ont un sérieux goût de déjà-vu.
Alors oui, il s’agit aussi d’une forme d’hommage à cette série qui reprend du service. Mais franchement, difficile de trouver quelque chose de «génial». Certes, de nombreuses scènes sont très réussies, visuellement parlant, et le film évite de nombreux écueils qui avaient frappés la seconde trilogie, beaucoup trop dopée aux images de synthèse.
Et que dire du First Order? Kylo Ren n’est même pas l’ombre de Vador – ceci dit, c’est peut-être volontaire et il faudra attendre de voir le développement de ce personnage dans les futurs épisodes VIII et IX. Quant au Supreme Leader Snoke (mais qui lui a trouvé ce nom???), il est pour le moment un très pâle écho à l’Empereur Palpatine et fait plus penser aux créatures du Crystal Skull d'Indiana Jones (tien, un autre film au fort goût de réchauffé).

Et donc ?
A vrai dire, le film ne m’a pas laissé une grande impression si ce n’est de m’être ennuyé. L’histoire est prévisible et, comme l’on remarqué certains: il manque ici une notion de temporalité. Les choses vont vite, sans que l’on n’ait le temps de se poser de question. Il manque une impression de grandeur et d’espace. Dans l’épisode IV, A New Hope, les trajets semblaient durer. Les personnages avaient le temps de discuter et d’être approfondis. Ici tout est livré tout cru.
Quant aux «clins d’œil», ils sont tellement exagérés que cela frise parfois le ridicule, comme la scène de retrouvaille entre Han Solo (Harrison Ford) et Leia (Carrie Fisher). Face à face, ces deux acteurs qui ont pris un sacré coup de vieux se regardent sans mot dire. Puis Harrison Ford lâche un «You’ve changed your hair!»

Vampire, vous avez-dit vampire?


Fright Night (2011)

De Craig Gillespie
Avec Anton Yelchin, Colin Farrell, David Tennant, Toni Collette

Lorsque Charley Brewster découvre que son nouveau voisin n'est autre qu'un vampire, il va devoir tout faire pour l'arrêter et surtout survivre.




Il souffle désormais sur le cinéma un vent pire...


Lorsque je repense au Fright Night de Tom Holland, je ressens un peu l'effet de la madeleine de Proust. L'affiche (format géant) du film a trôné longtemps sur l'un des murs de ma chambre. Cela avait été une sacrée découverte: un film de vampire humoristique et jouant la carte de l'autodérision non sans une certaine finesse... un genre encore peu courant en 1985. Je n'attendais rien de ce remake. Mais il faudrait plutôt ici parler de de-make...
 
Du visuel

Comme le veut désormais la coutume, le film a été également projeté en 3D. A nouveau, je ne vois pas l'intérêt de la chose, puisque visuellement, le film est on ne peut plus plat. Aucun plan original, aucun effet spécial digne de ce nom. On nage dans le médiocre, avec une question qui revient souvent à l'esprit: l'équipe du film était-elle motivée?

Du charnel

Si j'ai parlé plus haut de de-make plutôt que de remake, c'est que ce film arrive à retirer ce qui faisait le corps de sa source. Fright Night version 1985 avait une forte touche d'humour, tout en ayant réussi à conserver une part de sérieux. Mais là, il n'y a plus rien. Certaines répliques ont été conservées dans un esprit similaire (je pense par exemple à la scène du crucifix ou Jerry Dandrige/Colin Farrell dit à Charley que s'il a la croix, a-t-il seulement la foi), mais on perd tout un pan de l'histoire. Ainsi, les insinuations de Jerry lorsqu'il est invité dans la maison de Charley Brewster (version de 1985) sont balayées en 2011.

Seule la modernisation de Peter Vincent apporte un angle différent, puisqu'il est ici question d'un magicien qui se produit à Las Vegas, avec tous les effets spéciaux en prime. Mais en dehors de cela, rien n'est véritablement apporté à l'histoire. Quant à savoir s'il faut voir une forme de moquerie de Twilight (d'une part Anton Yelchin pourrait rappeler Robert Pattinson et sa coupe capilaire, d'autre part on trouve une réplique faisant directement référence à la saga), j'émettrai de sérieux doutes.

Quant au jeu des acteurs, Colin Farrell offre une prestance adéquate en évitant de jouer, alors que les autres n'ont strictement plus rien à voir avec leurs "pendants" de 1985. Mention toute particulière au meilleur ami de Charley, Ed Lee, qui semble échappé d'une mauvaise série télévisée.

Du résultat

J'ai beau réfléchir, dans ce remake, il n'y a rien à sauver. L'histoire bascule après un tiers seulement du film dans une scène qui frise le ridicule le plus complet. Aussi, plus aucun suspense quant au fait que Jerry Dandrige est un vampire. On passe ensuite par une succession de scènes toutes aussi insignifiantes les unes que les autres et franchement déplacées. En résumé, le ridicule remplace l'humour. Pas sûr que ce soit la meilleure option pour un film du genre. D'ailleurs, il est assez surprenant de voir que le titre traduit de l'époque n'existe plus qu'au Québec. En effet, la version francophone pour l'Europe s'intitule simplement: Fright Night.

Post scriptum

Au final, on l'aura compris, Fright Night (2011) a vraiment été une déception alors que je partais sans aucune attente. En général, une déception se produit lorsque le résultat n'est pas à la hauteur. Je ne comprends pas le fait de faire un remake, si c'est pour ne reprendre qu'un tiers de l'histoire et d'inventer le reste avec du n'importe quoi. On est en présence d'un film qui n'est ni un vrai remake, ni un reboot. Peut-être un mauvais plagiat?

De l'eau pour les éléphants


Water For Elephants

De Francis Lawrence
Avec Reese Witherspoon, Robert Pattinson, Christoph Waltz

Jacob, fils d'immigrés polonais, est sur le point de devenir médecin. Pourtant, le jour de son examen, il apprend le décès de ses parents dans un accident de voyage. En 1931, la Grande Dépression n'épargne personne et Jacob se retrouve presque en un instant à la rue, sans le sou. Sa route va croiser celle d'un cirque itinérant où fait la connaissance de Marlène, l'écuyère vedette et épouse d'August, le directeur du cirque.



Et si la vie n'était qu'un spectacle sous un chapiteau?

Que pouvait-on attendre d'un casting comme celui-ci? Un acteur allemand catapulté par les Inglorious Bastards de Quentin Tarantino, un beau gosse révélé dans la saga Twilight et une actrice loin d'être célèbre pour des rôles inoubliables. Et pourtant, le résultat m'a emporté. En scène pour un tour de piste!

Du visuel

Avec un récit en forme de valse (un clin d'œil à Christoph?) qui nous entraine du présent au passé pour venir s'achever sur le présent, l'image s'adapte en conséquence. Lumière sombre et froid pour le présent (il pleut et le spectacle est terminé), lumière plutôt chaude, avec une teinte proche de ces anciennes photos jaunies pour le passé, y compris les jours de pluies. Et sans que la caméra n'effectue de mouvement particulier, j'en suis ressorti avec l'impression du cercle de la piste. C'est difficile à expliquer, mais les mouvements sont souvent des allées et venues à l'écran. August et la troupe vont acquérir des animaux et s'en repartent sur la route. Le cirque s'installe à un endroit, pour repartir ensuite. En conclusion, un aspect qui m'a séduit et m'est apparu comme ayant un sens.

Du charnel

Le récit adopte ici la formule de l'histoire dans l'histoire. Le lien est renforcé par le récit du Jacob présent, passant au passé avec les voix qui s'entremêlent. C'est un détail, mais cela fonctionne très bien. Si l'on voit où tout cela va mener les protagonistes, les personnages évitent à mon sens d'être des clichés trop lisses. Le dilemme de Marlène est particulièrement bien illustré entre l'homme a qui elle s'est éternellement promise (August, son époux) et celui qui attise son cœur (Jacob). Malgré cela, difficile d'être sûr qu'elle aime réellement Jacob et que ce n'est pas son tempérament qui la séduise, davantage que son physique.

La dualité entre August et Jacob est également très intéressante. L'un est un mélange de réaliste enthousiasmé, tandis que l'autre est un ingénu. Autour du trio central gravite le monde du cirque avec ses personnages loufoques et bariolés, vecteurs d'émotions dans une société alors durement touchée par la crise. Pour autant, le film évite toute analogie à la crise d'aujourd'hui et se concentre sur l'histoire, ce qui évite tout aspect moralisateur.

Du résultat

Le film tient la route et dispose de moments forts, sans pour autant tomber dans l'excès. Difficile, voire impossible, de deviner comment se terminera l'histoire. Une seule certitude, le personnage de Jacob s'en tire, puisqu'il est le conteur de l'histoire.

Post scriptum

Je n'aime pas le cirque avec les animaux. Dès lors, j'appréhende les histoires tournant autour de ce type de spectacle, surtout lorsqu'il s'agit de périodes du passé où les considérations pour les animaux n'étaient considérées que des lubies de bonnes femmes. Mais ici, ils ont une place importante avec un véritable rôle à tenir. Et pour cela, Francis Lawrence a fait un excellent travail, car ils n'apparaissent jamais comme des rôles véritablement secondaires.

Jeann d'Arc



Jeanne d'Arc

De Luc Besson
Avec Milla Jovovich, John Malkovich, Faye Dunaway, Dustin Hoffman

Après avoir assisté au massacre de sa sœur par les envahisseurs anglais, Jeanne entend des voix qui lui ordonnent de couronner le Dauphin de France et de chasser les Anglais.





Jeanne, ou l’idéal de la femme au foyer

Luc Besson livre ici «son» histoire, basée sur le personnage de Jeanne, la «Pucelle d'Orléans». Il n’est donc ici pas question d’une reconstitution authentique ou d’une biographie exhaustive. On suit bien la jeune Jeanne de son enfance à sa mort, mais à grand renforts d’ellipses. Et si les moments clés sont bel et bien présents, on ne peut s’empêcher d’avoir le sentiment de raccourcis et de simplifications.

Du visuel

L’aspect filmique du long-métrage est inégal. Impossible de savoir si le fait que le réalisateur et la vedette étaient soi-disant «ensemble» à l’époque du tournage, mais Milla Jovovich est presque toujours au centre de l’écran. Bien entendu, on pourra trouver une signification à cela, comme si l’image venait souligner le propos du film (j’y reviendrai plus tard). Cependant, les «transes» de Jeanne sont à mi-chemin entre un clip de la fin des années 80 et un clip de Pink Floyd, la musique en moins. Fondamentalement, cela n'a pas été rebutant. Mais au terme du film, aucune séquence ne m'a particulièrement ému par ses couleurs, sa lumière ou sa mise en scène.
Pour celles-et ceux qui sont sensibles au sang et à la violence, sachez que si les premières batailles sont étrangement propres, cela part vite en bain de sang, avec décapitations et amputations diverses par la suite.


Du charnel

Plus je connais Luc Besson au travers de ses films, plus j'ai l'impression qu'il s'agit d'un homme avec un certain talent, mais en régression sur le fond de ses œuvres. Si des Subway (1985), Nikita (1990) ou Léon (1994), voire Le grand bleu (1988), constituaient des histoires dotées de personnages profonds, il n'en est plus de même avec des films du calibre d'un Cinquième élément (1997), ni même The Lady (2011) que je traiterai prochainement.

Pour autant, le personnage de Jeanne d'Arc n'est pas creux. Elle passe plus pour une folle illuminée que pour l'héroïne qui libéra la France (du moins, celle que l'on présente dans les livres d'histoire). Si cette approche peut surprendre, elle se tient jusqu'au terme du récit et donne même lieu à des réflexions très intéressantes lors de ses discussions avec Dieu ("incarné" par Dustin Hoffman).

En revanche, les autres personnages sont vides. John Malkovich, Vincent Cassel,... Peut-être que Faye Dunaway est la seule à s'en sortir avec un semblant de consistance. Le reste n'est que décorum. C'est d'autant plus dommage que ces acteurs jouent très bien... J'ai simplement eu l'impression que les découpes faites au montage ont fait passer à la poubelle de nombreuses scènes qui manquent.

Du résultat

Jeanne d'Arc by Luc Besson, c'est une belle tapisserie qui est mal assemblée et laisse paraître le jour en de nombreux endroits. Chaque détail est intéressant, mais sitôt que l'on prend du recul, c'est imparfait et grossier. Si je n'aime pas beaucoup les films se basant sur des faits historiques, mais qui se veulent avant tout des fictions (autant inventer une histoire), cela ne m'a ici pas dérangé outre mesure. En effet, qui peut assurer ou prouver tel ou tel fait concernant Jeanne d'Arc? Certains éléments semblent plus ou moins acceptés par les historiens, d'autres sont plus sujets à discussion.

Le point fort est sans nul doute la discussion entre Jeanne et Dieu. Elle implore son aide, affirmant ne pas comprendre pourquoi il la plonge dans le malheur, elle qui n'a fait que suivre ses ordres. Mais Lui démontre qu'il n'a jamais «dit» quoi que ce soit. Il lui montre que les «signes» perçus sont le fruit de sa propre interprétation. A ce propos, je recommande la vision de la scène de la découverte de l'épée. Un moment drôle, à la limite d'être hors de propos. Plus sérieusement, ces diverses discussions sont un questionnement profond de ce qu'est la foi et du détournement que l'on peut en faire. Hélas, ce ne sont que cinq petites minutes dans un film de plus de 2h!


Post scriptum

Jeanne d'Arc, c'est un projet trop grand qui aurait pu être une série à la manière des Tudors. A moins d'être très au fait de l'histoire de France et de la période concernée, la notion de temps est très difficile à appréhender. Les batailles s'enchaînent-elles? Y a-t-il un répit entre celles-ci? En conclusion, si je devais m'adresser à Luc Besson, j'aurais à nouveau envie d'utiliser cette réplique de Cyrano de Bergerac: C'est un peu court, jeune homme!

Thor



Thor

De Kenneth Branagh
Avec Chris Hemsworth, Natalie Portman, Anthony Hopkins

Thor est en voie de succéder à son père, Odin, roi d’Asgard. Son orgueil va toutefois le conduire à être exilé sur terre. Loki, son frère, va alors ourdir un plan pour se poser en tant que successeur au trône.




A Thor et à travers...

A première vue, rien ne laisse penser que l’histoire qui nous est contée, est celle d’un super héro, au sens où Marvel ou DC Comics nous ont habitués. Oui, Thor a des pouvoirs. Mais il vient d’une autre planète. Mais il n’est pas seul, au contraire d’un Superman. Thor est une mise en image de la mythologie nordique avec presque tout: Bifrost le pont arc-en-ciel, Yggdrasyl l’arbre sur lequel repose le monde, Asgard le royaume d’Odin, Jötunheim le royaume des géants de glace, Mjöllnir le marteau de Thor et même Sleipnir, le cheval à huit pattes d’Odin.

Du visuel

D’un point de vue esthétique, ce long-métrage tient ses promesses. Certains trouvent la représentation d’Asgard trop kitch ? Pour ma part, cela fait l’affaire. C’est certes très coloré, de l’extérieur, avec des intérieurs étrangement dépouillés. Hormis un ou deux couloirs, on ne voit pas grand-chose de la vie sur place. Sur terre, le contraste est assez fort avec une région désertique et à la forte luminosité.

Du charnel

Côté scénario, Kenneth Branagh a visiblement composé avec une histoire oscillant entre le film de divertissement, non sans avoir une once d’aperçu de réflexion et de psychologie. L’impétuosité et l’orgueil de Thor, l’incompréhension de Loki face au choix de son père [spoiler] adoptif [fin du spoiler], la conduite «politique» d’Odin… Il est même possible de trouver de la matière –en petite quantité- dans le rôle du gardien de Bifrost. Mais il est inutile de s’emballer, on reste loin d’un Hamlet, puisque certains critiques ont fait le rapprochement.

Du résultat

En conclusion, j’ai passé un bon moment devant ce film, même s’il m’a fallu plusieurs tentatives pour le voir. Cette difficulté à entrer dans l’histoire, je l’attribue à cette thématique déjà trop éculée d’une rencontre de deux mondes. Les Maïtres de l’Univers version «live» ou encore Star Trek IV nous avaient déjà fait le coup. Mais dès que Thor se fait capturer, l’histoire devient alors très rapide, peut-être trop. C’est plutôt paradoxal, mais d’un côté il faut éviter de lasser son audience et de l’autre, il faut avancer… Dure tâche que celle des réalisateurs d’aujourd’hui.

J’éviterai de m’étendre trop sur les personnages autres que ceux de Thor, Loki et Erik Selvig. L’utilisation de Stellan Skarsgard est d’ailleurs très judicieuse et cautionne presque le bien fondé de la mythologie nordique (re)vue et corrigée par Hollywood. Les autres personnages, y compris Jane Foster (Natalie Portman), sont purement secondaires et n’apportent pas grand-chose au fond de l’histoire. Tout au plus, Jane Foster sera le lien qui justifiera le retour de Thor.

Post scriptum

Thor est ouvertement une prémisse à la venue du film des Avengers. En son temps, j’avais déjà observé que le second volet des aventures d’Iron Man souffrait de cet état de prologue. Si l’histoire de Thor se suffit à elle-même, je trouve dommage que le lien avec le film Avengers ne se fasse qu’après le générique de fin.

Shrek 4: Il était une fin


Shrek Forever After

De Mike Mitchell
Avec Mike Myers, Eddie Murphy, Cameron Diaz

Shrek est marié à Fiona et père de trois enfants. Pourtant, sa vie passée d'ogre craint lui manque et la routine du quotidien -et ils vécurent heureux...- lui pèse de plus en plus. C'est à ce moment que surgit Tracassin, un nain aux propositions des plus étranges. Il propose à Shrek de lui donner une journée de vie d'ogre en échange d'une journée de son passé. Shrek accepte et entre dans un monde parallèle... 




Il était enfin!


Les séries de films vont soit crescendo (ce qui est plutôt rare), soit decrescendo. Ici, c'est malheureusement la voie qu'emprunte la franchise de Shrek. L'humour est trop souvent prévisible et donne une forte impression de déjà vu et revu. Autant j'avais été surpris en bien par le troisième volet des aventures de l'ogre vert, autant ici j'ai du m'y reprendre à trois fois avant de le voir en entier. La faute à un scénario qui ne décolle pas. En conséquence, on s'ennuye ferme au pays de Fort, fort, lointain.

Le volet n'est de loin pas indispensable et ce n'est pas la technique qui impressionnera. Là encore, on a déjà vu ça par trois fois. De plus, le choix graphique de la série est quelque peu figé par les contraintes du premier opus. Dès lors, pas d'évolution notable. Et face à des poids lourds (visuellement parlant) comme Le royaume de Ga'hoole: la légende des gardiens (Zack Snyder, 2010) on reste un peu sur sa faim.

Dans la brume électrique


In The Electric Mist

De Bertrand Tavernier
Avec Tommy Lee Jones, John Goodman, Peter Sarsgaard

Dave Robicheaux, détective de la police de Louisiane, enquête sur des meurtres en série de très jeunes femmes. Parallèlement, il rencontre Elrod Sykes, star hollywoodienne venue tourner un film dans la région, qui lui dit avoir vu un corps décomposé en forêt. Ce dernier va faire ressurgir des souvenirs chez Dave Robicheaux. L'enquête va alors se dérouler à la fois dans le passé et dans le présent. 




Il n'y a pas de fumée sans feu...

Bertrand Tavernier et moi, ça s'est arrêté à La fille de D'Artagnan (1994), deux ans après L.627 (1992). Autant dire que cela ne date plus d'hier. Pourtant, je garde un bon souvenir, bien que brumeux, de ces deux films. Dans la brume électrique est pareil. C'est un bon film, solide, mais qui reste dans la brume. Vous me suivez? Non? Bon, je vais essayer d'être plus clair.

Ce film est à l'image de Tommy Lee Jones: c'est un acteur qui a de la gueule, qui sait jouer et n'a, à mon sens, plus rien à prouver. Pourtant, le film reste teinté d'une sorte de flou. Contrairement à bien d'autres films policiers où le protagoniste principal est clair comme de l'eau de roche, je garde le sentiment de n'avoir aperçu qu'un bout de Dave Robicheaux. Ceci dit, cela ne veut pas dire que les personnages sont superficiels et vides.

Je crois que ce sentiment est voulu. C'est clairement un film d'ambiance et la brume électrique, un concept plutôt difficile à illustrer visuellement, "transpire" de toute la pellicule. Et ça qui fait la force de ce long métrage. D'une certaine manière, Tommy Lee Jones a fini de courir après les suspects comme c'était le cas dans The Fugitive (1993) ou dans U.S. Marshals (1998).

A vrai dire, j'ai presque le sentiment qu'il suit une carrière similaire, peut-être avec un peu moins de succès, que Clint Eastwood. Le bonhomme se calme avec l'âge, un peu comme Walt Kowalski (Gran Torino, 2009) semble s'être tassé face à un Harry Calahan (Dirty Harry, 1971) ou un Frank Horrigan (In The Line Of Fire, 1993).

Le royaume de Ga'Hoole - la légende des Gardiens


Legend Of The Guardians: The Owls of Ga'Hoole

De Zack Snyder
Avec Jim Sturgess, Geoffrey Rush, Emily Barclay, Anthony LaPaglia
Enlevé avec son frère par des chouettes faisant partie d'un groupe nommée "Pure Ones", Soren va s'échapper et tenter de trouver les légendaires Gardiens pour les appeler au secours.







Zack Snyder a décidément une chouette plume...

La bande-annonce diffusée sur Youtube m'avait rendu assez impatient de voir ce film. Puis j'ai vu que les critiques n'étaient pas très tendres, même si elles lui accordaient en général la moyenne. J'étais cependant résolu à me faire ma propre opinion. C'est chose chouette... pardon, chose faite! En avant donc pour un petit tour rapide des lieux.

Visuellement, rien à redire. L'image de synthèse est ici très léchée, très poussée, jusque dans les détails des plumes. On assiste même, lors des scènes d'orage, à des ralentis dignes du film Hero où deux épéistes s'affrontent au milieu des gouttes d'eau qui semblent suspendues. Non, sans exagérer, c'est excellent. De plus, l'utilisation de ralentis fait inévitablement clin d'oeil à 300 du même auteur.

Au niveau de l'histoire... c'est autre chose. Pour être honnête, ça n'est pas mauvais et l'on peut tout à fait passer un bon moment. Mais j'ai le sentiment qu'il manque des niveaux de lectures. C'est somme tout très (trop) enfantin. Pas forcément naïf, mais il y a quelque chose qui manque. Quant à Soren... le personnage est un peu vide pour être vraiment attachant. C'est d'autant plus dommage que les chouettes sont bien représentées avec leurs diverses espèces.

Le bonbon est bien emballé, appétissant, mais lorsque l'on y goûte, on est déçu de voir que la saveur passe trop vite. Ceci dit, Zack Snyder a fait ce film pour des enfants et non pour le public de 300 et sous cet angle, la mission est réussie. Peut-être aurait-il fallu un scénariste comme pour Aladdin de John Musker et Ron Clements (Disney) ou Kung Fu Panda de Mark Osborne et John Stevenson (Dreamworks). Mais il mérite d'être vu, ne serait-ce que pour sa plastique.