Anges et Démons



Angels & Demons

De Ron Howard
Avec Tom Hanks, Ewan McGregor, Ayelet Zurer

Robert Langdon, professeur d’Histoire féru de symboles, se retrouve entraîné dans une course poursuite dans laquelle les Illuminati semblent vouloir mettre un terme à l’église catholique en frappant ce qu’elle a de plus cher, symboliquement parlant: le Vatican.


Grâce au test de la croix, on sait à présent que Jésus était astigmate (Maëster).

On retrouve le professeur Robert Langdon dans l’aventure qui précède le Da Vinci Code. Directement adapté du roman éponyme de Dan Brown, le film ne réserve aucune surprise. La transcription paraît bonne – du moins pour le souvenir de lecture que j’en ai – et les acteurs se révèlent aussi bons que dans le Da Vinci Code, également tourné par Ron Howard. Il semblerait toutefois que le film soit un peu mieux construit, ne donnant ici pas l’impression d’un manque. En effet, il aura fallu attendre la version longue du Da Vinci Code pour avoir un film relativement «complet». Hormis quelques libertés au début de l’histoire, tout est relativement bien retranscrit.

Côté esthétique, j’ai pour la première fois l’impression de me retrouver devant un film «lisse». Pas de plans particuliers, rien d’audacieux… au contraire, je ressens presque un sentiment de régression. Je pense que Garrett Brown et Stanley Kubrick (respectivement l’inventeur et le perfectionneur du steadicam) doivent tous deux faire de belles dynamos à force de se retourner dans leur tombe… Pourquoi Dieu – tiens, au fait, où est-il dans ce film – faut-il s’acharner à utiliser le style «caméra sur l’épaule» dans toutes les scènes d’action d’aujourd’hui? Surtout quand cela n’apporte rien… Enfin, c’est mon avis et je le partage.

Au final, on obtient donc un vrai film «100% pure consommation», soit rien de désagréable en soi, si ce n’est que dès le moment ou vous avez lu le livre… vous constaterez que l’histoire, bien que très prenante, ne mérite peut-être pas plusieurs relectures. Un peu comme l’Histoire tout court, d’ailleurs.

Les gardiens


Watchmen

De Zack Snyder
Avec Jackie Earl Haley, Patrick Wilson, Malin Akerman, Matthew Goode
Dans un 1985 uchronique où la guerre froide est plus que jamais un sujet brûlant d'actualité, le Comédien, un ancien superhéros retiré, est assassiné. Ses anciens compagnons d'armes - le Hibou, le Spectre Soyeux, le docteur Manhattan, Ozymandias et Rorschach - sont contraints de faire face à un tueur qui, visiblement, en veut aux Watchmen.



Un film héro-tique?

Je ne m'étendrai pas trop sur la source du film, je pense que de nombreux sites et professionnels de la critique s'y sont frottés. Pour autant, je ne l'ignorerai pas et je vais m'y référer un tant soit peu.

Tout d'abord, afin de me situer parmi les spectateurs potentiels de ce film, disons que ma connaissance du sujet approchait de très près les -273,15 °C. Je dois avouer que j'ai cru, en découvrant la bande-annonce, que l'on retrouvait dans le film Batman et Iron Man (Le Comédien avait une tête à la Robert Downey Jr). D'ailleurs, petite anecdote, en découvrant la bande dessinée, je constate que l'on retrouve également du Captain America dans le costume du même Comédien.

Niveau super-héros, je n'ai pas de connaissances particulières. J'apprécie beaucoup les deux Batman de Tim Burton, ceux de Christopher Nolan et le Iron Man de Jon Favreau. Superman ne m'a jamais vraiment épaté, mais j'aime en revanche bien les X-Men (et pas que les deux de Bryan Singer). Les Fantastic Four sont une bonne idée, mais leur portage à l'écran n'est, je dois l'admettre pas très convaincant. Quant à Spiderman, c'est du bon, mais le personnage de Peter Parker m'irrite.

C'est donc innocent et vierge de tout a priori que j'ai abordé le film. Inutile de préciser que j'ignorais alors également tout de la BD.

En ressortant, j'ai eu beaucoup de peine à me prononcer sur ce film. En général, c'est qu'il y a, pour reprendre une expression anglophone que j'affectionne, more than meets the eye. Puis, je me suis mis à lire la BD. En découvrant peu à peu la critique d'une de mes sources favorites (Krinein.com, par exemple), j'ai commencé à comprendre ce qui provoquait cet état: le scénario - la bande-dessinée - est excellent et soulève une pléthore de questions. Le film est une très bonne copie de la bande-dessinée. Si 4 est la perfection (choix arbitraire) 1+2=... Il manque quelque chose au film une esthétique propre à Zack Snyder.

En effet, le film est bon, mais il n'est que le reflet de la bande-dessinée. Il lui manque donc de s'approprier l'écran au travers d'une esthétique, à la manière de ce qui avait été fait pour 300. Dans ce film, pas besoin de connaître la BD. L'esthétique cinématographique vaut à elle seule le film (bon, c'est en tout cas mon opinion). Dans le cas de Watchmen, on a un film sage et lisse... Mais où est le côté «sale» du dessin, ce côté «vieilles couleurs»? Quentin Tarantino a su donner à Pulp Fiction ce côté «roman d'occasion» écrit sur un papier jauni. Il manque à Watchmen sa justification à l'écran.

Pour autant, le film n'est pas mauvais. Les 2h40 du film s'avalent sans trop de problèmes et collent à la BD, pratiquement plan par plan dans certains cas. En revanche, le choix des acteurs est inégal. Tandis qu'Ozymandias/Veid est un peu fade, de même que Dreiberg/le Hibou, Rorschach est excellent et le Spectre Soyeux II se défend bien. Le Dr Manhattan n'est pas mal non plus. C'est un film que je reverrai avec beaucoup d'intérêt lors de sa sortie en DVD.


Gran Torino


Gran Torino

De Clint Eastwood
Avec Clint Eastwood, Bee Vang, Ahney Her, Christopher Carley

Walt Kowalski vient d'enterrer son épouse. C'est un ancien de la guerre de Corée, peu sociable avec les étrangers, encore moins avec ses voisins viêtnamiens. Un jour pourtant, il devient malgré lui leur héros, en écartant les jeunes membres d'un gang. Un geste qui va changer le reste de sa vie.





Monsieur 100'000 Walts

Est-ce un bon Clint Eastwood? Quelque part, je ne m'en soucie que très peu. J'ai pris un énorme plaisir devant ce film, et c'est ce qui compte. Certes, il est peut-être moins difficile à aborder que d'autres œuvres telles que Midnight in the Garden of Good and Evil (1998) ou Unforgiven (1992), peut-être plus «grand public» - une formule que les critiques parfois pédants affectionnent et emploient pour qualifier un film comme étant «pas vraiment intellectuel parce que le message est très facile à comprendre»...

Pourtant, le résultat est là. Harry's back. Ou plutôt, l'inspecteur Harry est en retraite, ne le faites pas ch... Mais au-delà de la parenté apparente (si, si, ça doit pouvoir se dire) entre Walt Kowalski et Harry Callahan, il y a une profondeur de personnage... à la Clint Eastwood. Une réflexion sur le monde d'aujourd'hui. Et le plus fort, c'est que ce message que certains diraient être «le regard d'un vieux con» est d'une justesse incroyable. Et même si le sujet pouvait être casse-gueule à souhait, avec le risque de se trouver dans un conte à la Walt Disney (un autre Walt), ce film est de la dynamite à 100000 Walts (pardon, je n’ai pas pu m'en empêcher).

On y trouve de tout: du racisme facile avec des insultes type «face de nem» ou «rebut de rizière» mais très vite balancé par le racisme inversé avec des remarques type «sale blanc» ou «cul laiteux», puis le racisme entre races victimes du racisme, ou encore le racisme amical entre Walt le «polak» et Martin le «rital»...

Et la religion trouve une place admirable dans ce petit monde sur le point d'exploser. Le personnage du père Janovich (en fin de compte, je ne sais pas s'il y a un seul «américain de pure souche» dans ce film), incarné par Christopher Carley est une pure merveille. Moi qui suis plutôt à penser comme Walt Kowalski, je dois dire qu'il m'a bluffé et qu'il est admirable face à un personnage comme celui qu'incarne Clint Eastwood!

En résumé, ce film est une variante, une mise à jour, une amélioration d'un film comme La Haine (1995), ou encore American History X (Tony Kaye, 1999). Sans se focaliser sur le problème du racisme - le sujet est beaucoup plus vaste et touche à la société d'aujourd'hui qui se trouve presque dans une guerre perpétuelle -, Gran Torino appelle à la même réflexion: Tendre l'autre joue, ou appliquer la loi du Talion?

La nuit des morts-vivants


Night of the Living Dead

De George A. Romero
Avec Duan Jones, Judith O'Dea, Karl Hardman, Marilyn Eastman

Un groupe de personnes se retrouve bloqué dans une ferme, assiégée par une horde de morts qui se sont mis à marcher, et dont le seul objectif est de se repaître de viande fraîche.


Ich bin ein hamburger

Devenu un véritable film culte, le Night of the Living Dead de George Romero aborde des thèmes très actuels. C'est d'ailleurs une pratique qui sera un fil rouge chez ce réalisateur qui l'avoue volontiers: les zombies permettent de parler de nombreux thèmes. Pour une réalisation de 1968, qui plus est une réalisation indépendante, le film s'en sort plutôt bien. On ne retrouve pas ici le type de personnage «surjoué», ni la réalisation «bricolage» et ce, en dépit d'un budget relativement pauvre.

Remis dans son contexte, Night of the Living Dead est impressionnant. Outre le leadership d'un noir sur les blancs, on a également le thème d'une fillette qui dévore sa mère!!! Sans chercher de symbolique psychologique, il s'agit là d'un élément des plus impressionnants du film. Étonnant que la censure n'ait pas fait détruire le film. Il semblerait que l'obscurantisme ne date pas d'hier, mais plutôt bien d'aujourd'hui.

Au final, on assiste à un film certes daté (qualité de l'image et du son), mais qui s'en sort plutôt bien et qui réserve quelques bonnes surprises. Je suis très curieux de voir si le remake a su faire honneur à l'original (j'ai des doutes).

L'étrange histoire de Benjamin Button



The Curious Case of Benjamin Button

De David Fincher
Avec Brad Pitt, Cate Blanchett, Julia Ormond, Tilda Swinton

L'histoire d'un homme qui nacquit physiquement âgé et mourru avec un physique de nouveau-né.




Turn the Button Up!

Au-delà du penchant (ou de l'aversion) que l'on peut avoir pour le duo Fincher/Pitt, déjà éprouvé par Se7en (1995) et Fight Club (1999), le film mérite qu'on s'y arrête pour plusieurs raisons. Tout d'abord, et c'est un aspect essentiel dans un film, le scénario est prenant à plus d'un titre. Deuxièmement, le film repose sur des effets spéciaux intéressants puisqu'il s'agit ici de créer un bébé ayant un corps de près de 90 ans, tout en conservant ses proportions de nouveau-né. Ensuite, en approchant du terme de l'histoire, Brad Pitt doit ressembler à un adolescent, avant que son personnage soit incarné par de véritables enfants. Simultanément, Cate Blanchett vieillit «dans le bon sens», mais elle doit également couvrir un personnage de sa petite enfance jusqu'à sa mort...

A mon sens, le pari est réussi car, hormis peut-être une impression de disproportion au niveau de la tête, Brad Pitt est saisissant de réalisme. Le petit vieux de seulement 8 ans combine sans difficultés le comportement d’un bambin et le physique d'une personne âgée. Autre coup de génie: le scénario place Benjamin dans un home pour personnes âgées... on évite ainsi l'explication d'un petit garçon vieux qui deviendrait vite un phénomène de foire dans la société.

J'ai dit que le scénario était prenant à plus d'un titre. Pourquoi? Déjà parce qu'il remet en question notre vision de ce qui est normal. Qui plus est, il nous montre que nous avons également des critères de normalité fortement liés à l'âge. D'une certaine manière, nous ne devrions jamais nous arrêter à l'apparence. Ne dit-on pas que «l'habit ne fait pas le moine»? Un enfant peut être mûr en apparence, mais il reste un enfant. De même, un vieil homme, si sénile soit-il, reste un homme avec toute une vie derrière lui.

D'une certaine manière, ce film me fait énormément penser à une autre histoire «pas comme les autres»... Souvenez-vous de Forrest Gump (1994), cet adulte qui avait le cerveau d'un enfant. Sa naïveté lui a permis de traverser le temps sans jamais s'arrêter sur ce que nous avons considéré comme des faits marquants. Serrer la main de JFK, courir sans s'arrêter mais sans cause, inventer le «Smile» par accident... Benjamin Button a une vie un peu similaire. Il va aussi connaître l'horreur de la guerre, l'amour, les affres de la vie et les fréquents passages de la mort. «Nous avions une invitée régulière», dit-il en parlant du home où il fut élevé. Et c'est très naïvement que j'ai rédigé ces lignes, puisque le scénariste n'est autre qu'Eric Roth, scénariste de ce même Forrest Gump!

En conclusion, ce film est très agréable, même si certaines «surprises» sont rapidement éventées - peut-être que cela ne sera pas le cas pour tout le monde. Quoiqu'il en soit, la découverte de cette «étrange histoire» est un merveilleux conte. On peut le prendre tel quel, ou réfléchir à tout ce qui se cache derrière, du second au millième degré.

Une hache pour la lune de miel


Il Rosso Segno Della Follia

De Mario Bava
Avec Stephen Forsyth, Dagmar Lassander, Laura Betti, Jesús Puente
John Harrington est le riche directeur d'une grande maison de couture parisienne le jour, et un tueur de femmes sur le point de se marier la nuit. Mais il ne tue pas pour le plaisir. Son but est de trouver la réponse à un traumatisme obscur remontant à son enfance. De la sorte, il espère mettre un terme aux voix et rêves qui le hantent.



Tranches de vie

Ce film semble avoir été inspiré par des classiques comme Psychose d'Alfred Hitchcock. Les découvertes que fait peu à peu John Harrington sont malheureusement fortement anticipées par le spectateur, ruinant ainsi tout un pan du film. Cependant, je dois admettre que le jeu des acteurs n'est pas déplaisant: Stephen Forsyth, sans être pour autant brillant, fait état d'un malaise qui s'en ressent au travers de l'écran. Sa femme Mildred (Laura Betti), qui le hait au point de ne pas vouloir le quitter et ainsi lui ôter tout espoir de satisfaction, est très touchante lorsqu'elle montre que sa haine cache en fait une vraie peine de coeur.

Au delà de ces deux personnages, le reste du film est hélas assez superficiel. Les protagonistes secondaires sont creux, à la limite de la figuration, et le scénario comporte de nombreux points grossiers et incohérents. Peu importe le lien que le film peut avoir avec des classique d'Alfred Hitchcock, il souffrira toujours de la comparaison. Et cela même s'il ne s'agit pas là du pire qui ait été tourné.

Le Diable s'habille en Prada


The Devil Wears Prada

De David Frankel
Avec Anne Hathaway, Meryl Streep, Emily Blunt, Stanley Tucci

Andrea Sachs (Anne Hathaway) est une jeune diplômée qui souhaite travailler dans l'édition. Fraîchement débarquée à New York, elle décroche un poste d'assistante de la rédactrice en chef de Runway, un prestigieux magazine de mode. Son travail va vite tourner à l'enfer, car Miranda Priestly (Meryl Streep) est véritablement infernale.




Un film Prada(nfer)?

«Comédie dégoulinant de bonnes intentions et d'événements convenus pour les uns», «comédie sympathique» pour les autres, le film n'est pas sans rappeler le Pretty Woman de Gerry Marshall. Le schéma de l'histoire est très classique, donc très prévisible. Pourtant, si l'on se prend au jeu des acteurs, alors on peut passer un bon moment.

Andrea Sachs (Anne Hathaway) est une fille de province qui entre dans le jeu dicté par la très citadine Miranda Priestly (Meryl Streep), véritable impératrice de la mode. Pour sa part, Meryl Streep semble avoir eu pas mal de plaisir à endosser le rôle de la détestable Miranda. Cependant, elle sait aussi montrer les faiblesses de son personnage et la rendre presque attendrissante. Une mention spéciale pour Stanley Tucci qui, avec son personnage de Nigel, reprend un rôle similaire à celui de Barney Thompson (le directeur de l'hôtel dans Pretty Woman, incarné par Hector Elizondo).

Reste l'univers combiné de la mode et d'un journal qui y fait la pluie et le beau temps. Et si tout cela semble bien superficiel, très «Jet Set», une des répliques phares de Meryl Streep se charge de remettre l'église au milieu du village en montrant que la mode «en solde» doit tout à la «haute couture».

Au final, si je ne connais malheureusement pas (encore) le roman éponyme de Lauren Weisberger qui a servi de base pour le film, je trouve que l'on est ici face à un film qui n'a pour seul défaut de ne pas être original ni dans son fond, ni dans sa forme.