Dead Like Me


Dead Like Me: Life After Death

De Stephen Herek
Avec Ellen Muth, Callum Blue, Sarah Wynter

Rube, chef des fossoyeurs disparaît. Un nouveau venu le remplace: Cameron Kane, un personnage avec une étrange conception du travail. Tandis que George va devoir se rapprocher de sa famille lorsqu'elle reçoit pour mission d'emmener l'âme d'un ami de sa soeur.



Un travail mortel...

Pour ceux qui n'auraient jamais entendu parler de Dead Like Me, il s'agit d'une série qui n'aura connu que deux saisons (dont une a été diffusée en Suisse par la TSR). L'histoire qui nous est racontée est celle de George, une adolescente presque normale (oui, il s'agit de la déclinaison féminine du prénom George), à cela près qu'elle va mourir en recevant la lunette des wc de la station Mir sur la tête! Mais plutôt que de simplement disparaître, George va être recrutée pour être une sorte de passeur, un Charon qui conduit les âmes de leur corps vers la lumière.

Le film se concentre sur une histoire se déroulant après les deux saisons. Pour autant, à ce que j'en ai lu, quelques divergences sont à noter, comme l'impossibilité (dans la série) pour un passeur de rentrer en contact avec celles et ceux qu'il ou elle a connus. En effet, outre le fait qu'il ou elle a une apparence physique différente, les souvenirs des proches sont effacés. Par ailleurs, certains personnages ne sont pas joués par les mêmes acteurs que ceux de la série.

Mais en dehors de ces considérations, le film est assez fidèle à l'esprit de la série: sympa, mais pas inoubliable. Je pense que ceux qui auront déjà vu les deux saisons auront plus d'intérêt à voir évoluer les personnages. Toutefois, ce n'est pas indispensable. Une découverte sympa, donc, sans être transcendante.

Pontypool

Pontypool

De Bruce McDonald
Avec Stephen McHattie, Lisa Houle, Georgina Reilly, Hrant Alianak

Le staff de la radio locale de Pontypool (Ontario, Canada) se retrouve bloqué dans les studios alors qu'une étrange épidémie semble frapper les habitants de la ville. Son mode de contagion semble pour le moins... étrange.


It is not because you a-arrrre, I love you, because I do...


Voilà un film surprenant, que j'ai découvert par hasard au Canada, au détour d'un système de VOD d'un hôtel. Je dois dire que j'ai pas mal apprécié la découverte, même s'il est loin d'être parfait. Attention, pour parler plus en détail de ce film, je vais faire un mini-spoiler.

*** Spoiler ***
L'épidémie qui transforme les habitants de cette petite ville de l'Ontario est transmise par la langue anglaise. Lorsque l'on connaît les rapports houleux qu'entretiennent les deux régions linguistiques du Canada (le Québec est voisin direct de l'Ontario), le film prend une certaine dimension politique, sans pour autant virer dans le militantisme absolu.
*** Fin du spoiler ***

Dans sa réalisation, Pontypool est agréable à regarder, avec pas mal de suspense et de tension. Le côté huis-clos dans un studio de radio y est pour beaucoup. Sur la fin, le film n'arrive pas à tenir toutes ses promesses, mais ne tourne pas à la catastrophique pour autant. Au final, on se retrouve avec une histoire intrigante qui aurait certainement fait un bon épisode de la Twilight Zone (La quatrième dimension). A découvrir, ne serait-ce que pour voir une variante du film de zombies...

Jusqu'en enfer


Drag Me to Hell

De Sam Raimi
Avec Alison Lohman, Justin Long, Jessica Lucas

Christine Brown travaille dans une banque et s'occupe de crédits immobiliers. Habituée à se faire marcher sur les pieds, elle décide pourtant un jour de durcir le ton afin de s'assurer une promotion. Bien mal lui en prend, car la cliente en question lui lance une antique malédiction: dans trois jours, le Lamia viendra la chercher pour l'emmener en enfer.



I'm on a highway to hell

Sam Raimi, le réalisateur timbré des Evil Dead est de retour! Bon, si vous n'aimez pas ces films, ne fuyez pourtant pas. Drag Me to Hell est un film drôle parce qu'il nage entre le ton décalé d'Evil Dead, un certain humour «trash» que ne renierait pas un Rowan Atkinson (Mr Bean) et un côté film horreur-fantastique d'assez bonne qualité. Pour autant que l'on adhère au genre -ce qui a été mon cas- on passe alors un bon moment et l'on se fait agréablement surprendre par le petit twist final où l'on se dit: «Non, il a osé!»

Franchement, une bonne surprise qui montre que Spider-Man n'a pas eu raison de l'imagination, ni du côté un peu fou de Sam Raimi. Ne déduisez pas qu'une courte critique indique un mauvais film. Ici, c'est simplement qu'on est en territoire connu. De plus, on est face à un film signé Sam Raimi destiné d'une part à un plus grand public que la série des Evil Dead, et d'autre part plus restreint que celui des Spider-Man.

Inglorious Basterds


Inglorious Basterds 

De Quentin Tarantino
Avec Brad Pitt, Mélanie Laurent, Christoph Waltz, Diane Kruger

Dans une France uchronique occupée par les Nazis, un commando de choc se donne pour mission de tuer un maximum de Nazis. Parallèlement, une juive ayant survécu au massacre de sa famille cherche à se venger.



In Glorious We Trust...

Quentin Tarantino est de retour et il tient à le faire savoir. En s'attaquant à un sujet aussi brûlant -principalement sous nos latitudes- que la Seconde Guerre mondiale, il allait certainement faire des mécontents. Et pourtant, tout en revisitant cette période, il offre peut-être la vision la plus objective que le cinéma ait pu nous donner.

Le film dispose d'une structure où deux histoires vont évoluer en parallèle avant de se croiser. Mais dans une certaine mesure, on est presque face à deux films qui se rencontrent: d'une part les «Basterds» et leur commandant yankee incarné par Brad Pitt pour la partie humour noir, de l'autre Shosanna incarnée par Mélanie Laurent (superbe!) dans une partie plus dure.

Au milieu, des Nazis, mais pas n'importe lesquels. Bien loin des Nazis caricaturaux d'Indiana Jones, on a à faire ici à des humains, certains avec de vraies «gueules», mais des humains avant tout. Ainsi, même le colonel Hans Landa (Christoph Waltz) n'adhère pas à l'idéologie nazie. Il ne fait que faire son travail du mieux qu'il peut.

Au final, l'histoire est aussi bluffante que celle d'un Pulp Fiction (Quentin Tarantino, 1994). Mais ce qui est le plus remarquable, c'est qu'à aucun moment le film ne verse dans le grotesque. Bien entendu, certains seront choqués, d'autres amusés, mais au final, je crois que Quentin Tarantino a su trouver le ton juste, avec des personnages «juste à point». Et bien entendu, que dire du cinéma qui occupe une place plus que centrale dans ce film... avec un niveau de symbolisme des plus profonds (le cinéma permet de réécrire l'histoire, au propre, comme au figuré)!

Le sang des héros


Salute of the Jugger

De David Peoples
Avec Rutger Hauer, Joan Chen, Vincent Philip D'Onofrio, Anna Katarina


Dans un futur apocalyptique, un groupe de Juggers erre de camp en camp ou de ville en ville, affrontant des équipes pour la gloire. Mais un jour, une jeune femme rejoint l'équipe, avec l'envie de se faire remarquer par la Ligue, une prestigieuse formation située dans une ville souterraine où vivent les membres d'une haute société.



Rutger aime balle - avoine

Faire un résumé de ce film n'est pas facile, car au final, on ne sait que très peu sur les personnages, sur le jeu en lui-même (je ne crois pas qu'il y ait un nom mentionné), ni même sur ce qu'il reste de cette bonne vieille Terre. Tout au plus, un insert nous apprend que «plus personne ne se rappelle de l'opulence du XXe siècle, ni des terribles guerres qui suivirent, ni même depuis quand le jeu se fait avec un crâne de chien». So much for the background...

Salute of the Jugger est un croisement entre Mad Max (George Miller, 1979), Rollerball (Norman Jewison, 1975) et une sorte de désert de Tatouine du pauvre (cf. la saga Star Wars). Les matchs sont assez bien rendus, mais très vite, le jeu créé montre ses limites avec un certain aspect répétitif. La violence... bah, elle est d'époque. Comprenez par là que l'on parle tout de même de casser les jambes et/ou de crever les yeux. Mais le film reste visuellement discret là-dessus...

A voir par curiosité, mais ce film n'aura pas l'aura d'un Rollerball (la version de 1975, pas celle de 2002), même s'il fait parfois rêver à une version «live» de Blood Ball (jeu de rôle et de plateau de Games Workshop où des orques, trolls, nains, elfes et autres lycanthropes s'adonnent à une sorte de football américain).

La course à la mort













Death Race 2000                   Death Race

De Paul Bartel (1975)             Paul W. S. Anderson (2008)
Avec David Carradine,           Jason Statham, Tyrese Gibson,
Silvester Stallone, Mary          Joan Allen (2008)
Woronov (1975)

Un circuit, des voitures de course et des piétons constituent l'essentiel d'une joute de gladiateurs modernes nommée Course à la Mort.
Vroum, quand votre moteur fait vroum!

Deux films, un seul texte... mais pourquoi? Parce que Death Race se veut le remake de Death Race 2000. Oui, mais ce n'est pas tout à fait le cas... Je m'explique: ce que Death Race a pris à son prédécesseur, c'est le thème d'une course -si possible un brin futuriste-, violente, où seul le «no limit» règne. Jusqu'ici tout va bien. Là où le bât blesse, c'est que le premier film (sorti en 1975, je le rappelle) avait bien plus à dire et était bien plus violent que celui de 2008.

Pour autant, je n'insinue pas qu'un film est bon lorsqu'il est plus violent! Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas écrit. Regardons d'un peu plus près ces faux-jumeaux. Premier changement notable: le cadre. Tandis que le premier opus se déroule sur les routes des États-Unis, avec des piétons plus ou moins consentants, le second se déroule dans un pénitencier planté sur une presqu'île. Du coup, exit le coup des piétons qui rapportent des points. Exit également la scène d'euthanasie des personnes âgées laissées au milieu de la route.

On oublie également l'esprit de révolte qui gronde contre un gouvernement américain -délocalisé en Chine!!!-  qui donne des jeux à sa population afin de l'endormir (panem et circenses, disait l'autre). Enfin, les personnages sont plus lisses dans la version moderne. Le regretté David Carradine apportait un jeu intéressant au personnage de Frankenstein et Sylvester Stallone était hilarant en petit truand colérique. Jason Statham n'est que l'ombre d'un personnage. Gentil enfermé malgré lui et entraîné de force dans la course, il n'en sort que plus incolore.

Seul l'aspect de jeu vidéo donne à la version moderne un léger intérêt. Ceci dit, il ne s'agit pas d'un mauvais film, juste d'un divertissement assez creux et sans réelle surprise. Toutefois, la facture graphique est très correcte. Encore une fois, on constate que c'est dans les vieilles casseroles...


Antichrist


Antichrist

De Lars von Trier
Avec Charlotte Gainsbourg, Willem Dafoe

Suite à la mort accidentelle de leur enfant, un couple doit traverser l'épreuve du deuil.





Au secours, Satan m'habite...

Voilà un film qui aura su faire couler de l'encre. Décrié, méprisé, conspué par une ribambelle de journalistes et critiques bien-pensants, c'est pourtant bien un vrai film. Je vais essayer d'en parler sans pour autant tomber dans le piège inverse, soit louer le film à outrance en espérant ainsi passer pour un intellectuel élitiste.

Le squelette. La structure du film se fait en chapitres. Prologue, chapitres 1 à 4 et épilogue. Le rapprochement est peut-être trop facile, mais on n'est pas loin de la construction classique d'un drame en cinq actes. L'autre élément frappant, c'est qu'à l'exception de deux scènes, les seuls acteurs sont Willem Dafoe et Charlotte Gainsbourg (trois si l'on compte l'enfant). L'introduction de chaque nouveau chapitre, de même que le titre et le générique de fin se font via des inserts, un peu comme pour les films muets. Le tout accompagné d'une musique étouffante et très «lourde».

L'affreuse beauté. Le prologue et l'épilogue se déroulent en noir/blanc dans un ralenti quasi-onirique (ou cauchemardesque, c'est selon). Personnellement, j'appellerai cela les visions de l'esprit ou de la mémoire. Dans le prologue, l'accident nous est raconté: alors que le couple est en plein coït (attention: l'imagerie est crue et les organes sexuels visibles). C'est ce qui déclenchera tout le processus des chapitres suivants. La force de ce film aux images définitivement choc, c'est de mêler mythologie de l'auteur (les trois mendiants seraient une invention de Lars von Trier?), photographie parfois à la limite de l'imagerie d'Épinal, et une part de réalisme qui ne peut que parler au spectateur, dans la mesure où les deux parcours (celui de Charlotte Gainsbourg et celui de Willem Dafoe) sont totalement crédibles, bien que extrêmes.

Le fantastique. En dehors de son titre pouvant faire penser à La Malédiction de Richard Donner (The Omen, 1976), le film comporte une aura fantastique qui n'est pas sans rappeler des films comme Rosemary's Baby (1968) de Roman Polanski ou encore L'Exorciste de William Friedkin (The Exorcist, 1974). Pourtant les éléments «surnaturels» sont peu nombreux: le renard qui parle avec sa réplique «Chaos reigns!», les animaux représentant les trois mendiants et le corbeau, les corps «perdus» dans la nature. Deux autres éléments appartenant davantage au genre «horreur» s'ajoutent à la recette avec la scène de la meule, où l'on s'approche d'un Saw de James Wan (2004) ou d'un Hostel d'Eli Roth (2005), et l'auto excision du personnage de Charlotte Gainsbourg.

Ce dernier point me conduit à aborder le côté choquant du film. Est-ce que Lars von Trier a voulu choquer gratuitement? Sincèrement, je ne crois pas. Alors oui, je dois avouer que j'ai été très surpris de certaines scènes (gros plan sur le coït, la masturbation de Charlotte, l'éjaculation sanglante de Willem Dafoe, la meule...), mais dans une certaine manière, cela reste cohérent. Le film parle véritablement d'une descente aux enfers d'un couple, où l'un comme l'autre chutent dans la folie.

Quant à l'accusation de misogynie formulée à l'encontre de Lars von Trier, ce sont clairement des critiques qui n'ont pas regardé le film. Personne n'a le beau rôle dans cette histoire et Willem Dafoe est encore plus détestable, plus lâche, quand il se réfugie dans son rôle de thérapeute. Au final, il ne fait montre de ses sentiments que lors du convoi funèbre dans le premier chapitre. A l'instar de l'information, trop de raison tue la raison.

En conclusion, c'est un film qui a déjà fait naître le débat. Comme cela a déjà été dit par d'autres, il vaut la peine d'être défendu et d'être vu. Cependant, il faut aussi reconnaître que ce n'est pas un film tout public, car il requiert une ouverture d'esprit, une sensibilité et une capacité de réflexion... Cela faisait quelques temps déjà que je n'avais pas eu l'impression d'avoir assisté à un film où il y avait beaucoup plus que des images et du son...