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Dans le coup


In The Loop
De Armando Iannucci
Avec James Gandolfini, Peter Capaldi, Steve Coogan, Chris Addison, Anna Chlumsky

Alors que l'invasion d'Irak se prépare, Simon Foster, Secrétaire d'Etat britannique, fait une déclaration maladroite qui va semer le trouble dans les relations entre les gouvernements de Grande-Bretagne et des Etats-Unis, alors qu'un vote important se prépare à l'ONU.



"Passe-moi mon diplôme... je vais m'assoir... Pourquoi? Pour te parler avec diplôme assis" F. Pérusse

Les Anglais sont connus pour avoir un humour caustique. Ce n'est pas In The Loop qui va démentir la rumeur. Cette jolie découverte totalement survoltée est un joli pied-de-nez à cet univers qu'est la diplomatie. Surtout quand elle est engluée dans le domaine de la politique internationale.

Renseignements pris, ce téléfilm serait le spin-off d'une série télévisée du même auteur, diffusée sur la BBC, et intitulée The Thick Of It. Peu importe au final, le film se suffit à lui-même et tient la route.

Ce qui a d'impressionnant dans la réalisation de cette histoire, c'est que l'on a le sentiment de nager en pleine hystérie collective. Les personnages sont survoltés, et les insultes et autres grossièretés (qui contrastent fortement avec le milieu élevé de la diplomatie internationale) fusent à tout va. Pas le temps de vraiment s'ennuyer, car on est sans cesse surpris par la tournure des événements.

Les ficelles humoristiques sont nombreuses avec le contraste déjà mentionné entre langage de charretier et monde des hautes sphères de la politique, les situations "Mr Beanesques", l'utilisation d'ellipses qui  disent tout en ne disant rien. Bref, de quoi passer un bon moment en se disant que l'on est bien là où l'on est que pour rien au monde on ne prendrait leur place. Et pour clore le film en beauté, l'histoire se termine de manière artistique sur un fondu en fermeture du son, comme pour montrer que si le chapitre est clos, le monde continue de tourner.

Un film à découvrir, mais à regarder en V. O. (même si la V. F. semble plutôt bonne). Et surtout, n'hésitez pas à activer les sous-titres, parce que ça fuse réellement!

Désolation


Desperation

De Mick Garris
Avec Ron Perlman, Henry Thomas, Annabeth Gish, Tom Skerritt

Desperation: une ville fantôme, au propre, comme au figuré. Tout le monde y est mort. Tout le monde? Non, un shérif plutôt étrange et agité y fait règner une loi plutôt expéditive. Quel est le secret de cette ville entourée par les chiens? Que signifie ce "Tak" qui ponctue presque toutes les phrases du shérif?


"When you have to choose between the truth and the legend, then print the legend" 

Stephen King: d'auteur d'épouvante, je le découvre de plus en plus (mais rassurez-vous, cela ne date pas d'hier) comme auteur humaniste, dans le sens où il s'intéresse véritablement au genre humain. Desperation, c'est un peu The Mist, mais en plus poussé. Le film sera postérieur à Desperation, mais la nouvelle date de bien avant. Quel rapport entre ces deux histoires? L'aspect humain face à quelque chose d'incompréhensible. Mais Desperation se rapproche un peu plus de la Cinquième montagne de Paolo Coelho. Une sorte de test de la foi, mais avec un grand "F", ainsi que le questionnement sur l'existence de Dieu et sa "cohérence" à nos yeux.
C'est un très bon film, bien réalisé, pas cabotin pour un sous, même si le personnage joué par Ron Perlman l'est un peu. Il s'agit là d'un téléfilm mais qui se situe dans le haut du panier. N'hésitez donc pas à le voir, car il contient une réflexion très intéressante qui sort du cadre de la simple histoire de monstre (ce qui au final est loin d'être le fonds de commerce unique de Stephen King). Depuis It, Pet Sematary, ou même un The Mist, il apparaît clair que c'est l'humain qui intéresse notre romancier.